La randonnée

Le 14 mai 2015 une délégation d’une quarantaine de Gadz’arts quitta à vélo la Ferme de la Montagne, à Liancourt, où François-Alexandre-Frédéric, duc de la Rochefoucauld créa la première École d’Arts & Métiers en 1780.

Ils entamèrent un Trait d’union cycliste vers le Campus d’Angers de l’Ecole dans le cadre de son bicentenaire. Nos voyageurs escortèrent la Clé de l’Avenir, lien transmis fidèlement de congrès en congrès par la Communauté Gadz’arts, ainsi que la Clé du Char, objet emblématique de l’implantation de l’Ecole à Angers. Cette Clé en bois, de 2,35 m par 0,90 m, est un symbole de Clé d’Ex. Elle était installée à chaque fête de la Délivrance, dès le début des années 1900, sur un « Char », véritable carrosse qui accompagnait en ville le monôme de fin d’études. Transmise de promotion en promotion, elle cohabita ensuite avec les Clés d’Ex usinées par chaque promotion. Son usage fut progressivement abandonné. Conservée au Musée de Liancourt, elle figura en bonne place dans l’exposition organisée pour le bicentenaire en 2015.

La liaison cyclo, à haute signification symbolique, ne prétendait pas être historiquement fidèle. Il n’y a jamais eu, en 1815, de voyage de Liancourt, berceau de l’École d’Arts et Métiers à Angers. Si l’implantation à Angers a bien eu lieu en mai 1815, les élèves arrivaient de Beaupréau, village situé au Sud-ouest d’Angers. L’École y était installée depuis décembre 1811. A cette époque, les premiers occupants venaient de Châlons-sur-Marne et avaient fait la plus grande partie du voyage à Beaupréau à pied. Pendant les Cent Jours, des élèves ayant subi des agressions de « royalistes », le transfert à Angers fut décidé.

Pour en revenir au Trait d’union de mai 2015, sa genèse remonte à 2006, lors du bicentenaire de l’École de Châlons-en-Champagne. Deux passionnés de bicyclette autant qu’attachés à l’École, Jean Fauconnier (CH 161) et Marcel Nicolas, ancien Directeur du Campus, organisèrent une randonnée cyclo entre Liancourt et Châlons-en-Champagne. Peu de temps après, au cours d’une discussion entre Jean-Marie Vigroux (BO 174) grand amateur de vélo et Georges Masclet (AN 168), qui avait fait la randonnée, il était décidé de reconduire une liaison cyclo au départ de Liancourt à l’occasion du bicentenaire d’Angers en 2015. De fil en aiguille, le projet prit corps.
Les cyclistes tracèrent le Trait d’union en quatre étapes.

 

1. Le 14 mai, étape Liancourt-Vernon. Ils passeraient par Neuilly-en-Thelle, Hénonville, Bouconvillers et Magny-en-Vexin où ils pique-niqueraient. Après le déjeuner ils se dirigeraient vers Giverny avant d’arriver à Vernon où ils passeraient leur première nuit.

 

2 . Le lendemain les verrait partir direction de Nogent-le-Rotrou. Ils passeraient par Marcilly-sur-Eure, Anet, Saint-Lubin-des-Joncherets, Brezolles et Senonches, lieu de l’arrêt de mi-journée. Ils arriveraient enfin à Nogent le Rotrou, capitale du Perche, où ils passeraient leur deuxième nuit.

 

3. Le 16 mai, notre équipe rejoindrait Laval. Elle passerait par Saint-Cosme-en-Varais, Marolles-les-Braults et Beaumont-sur-Sarthe, pour arriver à Sillé le Guillaume où la table de pique-nique serait dressée. Elle poursuivrait ensuite vers Evron et arriverait à Laval, fin de la troisième étape.

 

4 . Enfin, le dimanche 17 mai, cap au Sud entre Laval et Angers en passant par Meslay-du-Maine, Grez-en-Bouère, Bierné et Brissarthe, village choisi pour le pique-nique. La route mènerait ensuite les cyclistes à Châteauneuf-sur-Sarthe et ils rejoindraient enfin l’École d’Angers, fiers de pouvoir y déposer leur précieux chargement.

 

Le périple traversa successivement les territoires des Groupes Régionaux de l’Oise, Argenteuil-Cergy, Evreux, Mantes-Meulan, Calvados-Orne, Chartres, Sarthe, Mayenne et Maine-et-Loire. Ces Groupes Régionaux, très investis, participèrent activement à la préparation de l’évènement. Pendant le périple, ils rejoignirent les cyclistes à chaque arrêt pique-nique et à chaque étape. Ils les encouragèrent également tout au long du parcours. Il y a fort à parier que nombreux étaient les Gadzarts de passage qui se joignirent à eux pour soutenir le groupe par leurs encouragements et applaudissements nourris.